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Les pharaons pratiquaient-ils le yoga ? Rencontre avec Yogi Babacar Khane

  |   Spiritualité   |   No comment

Par Maeva Morin

L’Association Yoga « Les Amis d’André Van Lysbeth » organisait dimanche dernier un atelier sur les aspects thérapeutiques du yoga avec Yogi Babacar Khane, l’occasion pour moi de rencontrer ce grand yogi.

« L’Orient et l’Occident sont appelés à unir en un seul tout
l’activité et la spiritualité »
Paroles du Mahavatar Babadji

Fondateur de l’Institut International de Yoga en 1964, qui comprend des sections en Inde et dans plusieurs pays d’Europe et d’Afrique (France, Suisse, Belgique, Allemagne, Espagne, Côte d’Ivoire, Sénégal, Algérie), Yogi Khane dispense son enseignement depuis plus de quarante ans. Homme de synthèse, il a réussi à établir un pont entre les traditions de l’Inde, de l’Egypte et de la Chine grâce à un enseignement unique mettant en lumière l’unité spirituelle de l’humanité. Il est en effet considéré comme le spécialiste mondial du yoga égyptien dont il a fait revivre de nombreuses postures et renouvelé la pédagogie. Première surprise pour moi qui pensais que le yoga était né sur les rives du Gange. C’était mal connaître les origines de cette pratique qui selon la tradition indienne, se confond avec l’origine de la vie.

 

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Le yoga égyptien ou yoga de la verticalité

Le yoga égyptien ou yoga des pharaons est aussi appelé yoga de la verticalité insistant ainsi sur la particularité de l’Homme dans le règne animal et végétal, seul Etre à s’être pleinement verticalisé. L’Homme se situe ainsi entre ciel et terre : « ses pieds sont sur la terre, sa tête est dans le ciel » (papyrus 1038 Berlin). Le long du Nil, Yogi Khane remonte aux origines de l’humanité en allant puiser dans l’Egypte antique la signification même de l’iconographie où les dieux, rois, prêtres sont représentés avec un maintien d’une rigueur et d’une verticalité presque inhumaine. Babacar Khane souligne d’ailleurs que l’art égyptien est à l’image de la conception humaine qu’avaient les égyptiens de l’antiquité : « pyramides, obélisques, colosses, pylônes, sont autant d’expressions d’une même poussée ascensionnelle, d’un même dialogue entre les deux pôles de l’univers (…) par l’étendue de sa base et la fermeté de son assise, la pyramide illustre parfaitement l’exigence des anciens égyptiens selon laquelle l’Homme doit avoir les pieds solidement plantés au sol avant de pouvoir s’élever ». C’est grâce à un solide ancrage dans le sol, à cet équilibre acquis, que l’Homme peut se réaliser et prendre conscience de sa dimension spirituelle.

 Le yoga égyptien m’a plu par sa simplicité d’accès. Yogi Khane dit ainsi que c’est un yoga très accessible pour les occidentaux de 7 à 77 ans ! Au même titre que le Qi Gong, les postures sont largement empruntées au registre de la vie quotidienne : « leur aspect déconcertant ne provient pas d’une recherche acrobatique particulière, mais d’une perfection, d’une rigueur quasi inhumaine ». Et en effet, j’ai été surprise par la simplicité des postures, convenant à la cinquantaine de personnes de tous âges présentes ce dimanche là, mais surtout par leur exigence et leur puissance. Grâce à l’importance accordée au souffle et la répétition lente mais précise des mouvements, j’ai vécu très profondément les exercices proposés tant physiquement que mentalement. L’intérêt de cette simplicité est que les postures pharaoniques ont une application directe au sein de la vie quotidienne : la pratique peut s’effectuer partout, dans n’importe quelle tenue, sans aucun équipement particulier, et peut même être utilisé comme préparation à certaine posture de Hatha Yoga pour favoriser la souplesse.

« Ce n’est pas le corps qui est au service de la posture, mais la posture qui est au service du corps ».
Karlfried Graaf Durchkeim

Yogi Khane s’amuse à dire que cela tranche avec l’image que se font les occidentaux du yoga, l’associant souvent à des prouesses techniques au travers de postures toutes plus acrobatiques les unes que les autres. Il rappelle que « la posture n’est pas une fin en soi, elle n’est qu’un moyen de discipliner le corps, de pacifier le mental et d’ouvrir l’être à la conscience cosmique ».

 Un yoga thérapeutique ?

Enfin ce yoga agit sur le corps énergétique puisque les prêtres-médecins égyptiens, au même titre que les acupuncteurs chinois, considéraient les désordres des circuits énergétiques comme les responsables des maladies. De part les exercices proposés il permet un rééquilibrage du corps et peut même être proposé en complément de certains traitements de manière thérapeutique. En 1965, Babacar Khane est appelé en Europe par le Dr. Baumgartner à Aix-les-Bains qui lui demanda de travailler avec lui sur les traitements des malades souffrant de rhumatismes. Cette collaboration fut déterminante dans l’exploration de méthodes pédagogiques nouvelles pour rendre le yoga accessible à des personnes dont la souplesse et la mobilité étaient particulièrement limitées. De 1965 à 1980 il fut assistant du célèbre gérontologue et rhumatologue Philippe Baumgartner. Il put ainsi développer des techniques de yoga efficaces dans la prévention et le traitement (en association médicale) de nombreuses pathologies : rhumatismes, tendinites, sciatiques, dorsalgies,  dépressions nerveuses, anxiété, insomnies, maux d’estomac, etc.

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Yogi Khane a en effet constaté, de part sa longue expérience, que la verticalité humaine peut entrainer des douleurs dorsales car le maintien de la station verticale entraîne une dépense supplémentaire d’énergie pour l’Homme. Le fait de se tenir debout semble naturel à tout humain, il a pourtant fallut attendre presque un an d’apprentissage avant d’atteindre la station debout et quelques mois supplémentaires pour trouver l’équilibre. Or souvent, nous nous tenons mal au quotidien : le dos est rarement droit, certaines personnes sont particulièrement cambrées, l’étude prolongée ou le travail sur ordinateur favorise une position courbée, tête en avant. Les problèmes de maintien commencent d’ailleurs souvent au niveau cervical. Le Yogi souligne que les quadrupèdes n’ont pas ces difficultés, ne serait-ce que parce qu’ils savent s’étirer et se relaxer pour soulager et détendre leurs muscles et ligaments. Rien d’étonnant que les postures de yoga soient largement inspirées des postures animales : « le cobra », « le crocodile », « la sauterelle », « la tortue », « le poisson », etc.

Voyager depuis son tapis

Le yoga pharaoniques s’inscrit dans une tradition millénaire s’adressant à toute personne désireuse d’une part de maitriser et d’ajuster son corps mais aussi d’ouvrir et calmer son esprit. Loin de représenter un énième yoga, il peut être complémentaire du Hatha Yoga tout en étant une option parfois plus simple pour des occidentaux pouvant être impressionnés par l’apparente difficulté des postures de Hatha et Ashtanga Yoga. J’ai été très impressionnée par l’érudition et la simplicité de Yogi Khane. L’érudition car il sait unir des pratiques aussi complexes que le Qi gong chinois, le yoga indien et le yoga égyptien, cela de manière tout à fait naturelle. La simplicité de ce grand Yogi est à l’image du yoga qu’il a su exhumer des pyramides et temples égyptiens. Chaque exercice a été proposé dans le respect des capacités de chacun avec une grande bienveillance et un humour qui a rendu cette pratique particulièrement ludique. Si vous avez l’occasion de participer à un séminaire avec Babacar Khane, foncez sans hésitation !

Un exercice simple : « la respiration taoïste »

Allongé sur le dos, à l’inspiration le ventre se creuse et à l’expiration, le ventre se gonfle. Pratiquez ce pranayama (exercice du souffle en sanskrit) pendant une vingtaine de minutes si vous avez peu de temps et quarante minutes si cela est possible. Cet exercice offre un massage des organes de la digestion tout en oxygénant les cellules du corps et bien sûr favorise le calme de l’esprit.

La pensée positive  : Pensez à sourire ! Quelle est la signification du célèbre sourire du bouddhas au-delà de la sérénité que cela inspire ? Le sourire intérieur bien sûr ! Il est important de sourire dans la pratique, surtout quand les asanas (postures de yoga) sont exigeantes. Yogi Khane insiste sur l’importance de sourire aux parties douloureuses de notre corps, aux difficultés qui surgissent comme des obstacles permanent dans notre vie, de sourire à nos amis, aux personnes qui nous sont chères mais aussi à nos ennemis. Dans le métro, souriez à un inconnu, vous verrez que l’effet est immédiat !

Source :

KHANE Babacar et Geneviève, Pédagogie et pratique du yoga des pharaons, Institut International De Yoga, Suisse, 1990

KHANE Babacar et Geneviève, Le Yoga des Pharaons, éditions Dervy-Livres, paris, 1984

Aller plus loin :

Institut International de Yoga : http://www.iiy-yogikhane.ch/home.html

Programme de séminaires en 2015 :

http://www.iiy-yogikhane.ch/files/Programme-Stages-2014-2015-A4-mis-a-jour-le-01-09.pdf

 

 

 
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