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« Voyage dans l’inexploré » avec Stéphane Allix, fondateur de l’INREES

  |   Step By Step : Rencontre sur le thème de l'Eveil des Consciences   |   No comment

Par Olivia Sinet

Demain, j’aurai le plaisir d’interviewer Stéphane Allix, co-fondateur de l’INREES – l’Institut de Recherche des Expériences Extraordinaires. Afin de mieux comprendre ce qui anime cette personnalité épatante, j’ai souhaité vous le présenter, en attendant la vidéo prochainement en ligne. En effet, comment cet ancien reporter de guerre est devenu une figure incontournable dans le domaine de l’inexpliqué ? Je découvre au fil de mes lectures, que cet homme a toujours eu besoin d’aller enquêter, là où d’autres n’osent à peine aller. Le courage dont il fait preuve, en abordant des sujets inexplorés par le journalisme français, l’accompagne depuis son plus jeune âge.

Stéphane est à peine âgé de 19 ans, lorsqu’il décide de partir en Afghanistan, happé par une soif d’aventures, de découvertes et de compréhension. Là-bas, il rejoint clandestinement un groupe de résistants afghans« je voulais absolument devenir reporter de guerre. J’ai contacté un groupe de résistants à Peshawar, au Pakistan, base arrière de tous les partis de la résistance à cette époque. C’est par là qu’entraient en Afghanistan, clandestinement, tous les journalistes et humanitaires».  Sans aucun diplôme et en s’improvisant journaliste, Stéphane est parachuté dans un autre univers. Il quitte sa chambre de bonne à Paris et se retrouve dans les montagnes afghanes, aux côtés de moudjahidines, combattant l’armée rouge. Il intègre le groupe et prend le maquis durant des mois, échangeant sur leurs idéologies et partageant leur vie : « dans le maquis la vie est terriblement ennuyeuse, il ne se passe rien durant des jours, des semaines puis soudain c’est la panique, la terreur, il y a une attaque (1). » Ce voyage le bouleverse et le touche profondément. Il découvre qu’il existe un fossé immense entre la réalité décrite par les journaux et le terrain. Il est difficile de se défaire de ses préjugés et aprioris face à une situation donnée. Bien souvent lorsque nous sommes mal à l’aise devant une information, nous la jugeons instantanément, la catégorisons sans même la vérifier concrètement. Ces aprioris, que nous avons tous, sont véhiculés par notre milieu social, notre culture, nos origines géographiques, notre famille mais aussi par nous même lorsque nous manquons d’ouverture d’esprit.

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Durant les années 1990, il voyage de part le monde, notamment en Somalie et au Cachemire où il est témoin de conflits armées. Il enquête aussi sur les routes du trafic d’héroïne entre le Croissant d’or et l’Europe. Mais c’est en Afghanistan qu’il investira le plus d’énergie lorsqu’il crée entre 2000 et 2001, une antenne afghane de la Société des Explorateurs français à Kaboul, en lien avec l’UNESCO. Il veut relayer ce qu’il se passe dans cette zone, aider à la protection du patrimoine culturel et historique. Puis tout s’accélère, la situation devient de plus en plus incontrôlable, chaotique. Son frère trouve la mort le 12 avril 2001, quelques mois avant les événements du 11 septembre, dans un accident de voiture « je me trouvais dans le véhicule juste devant. Thomas est mort sur le coup, ainsi que les autres occupants de la voiture » (2). A la suite de l’événement il abandonne le projet et rentre en France.

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Quelques temps plus tard, il a la chance de rencontrer le 17e Karmapa, digne représentant d’une des quatre traditions majeures du bouddhisme tibétain et considéré comme la réincarnation d’un maître spirituel. Lors de cette rencontre, le Karmapa ne répond pas aux questions de Stéphane, il les ignore presque. Il ne dira qu’une chose au journaliste ce jour là : « vous devriez vous intéresser à la vie sur d’autres planètes. Dans notre tradition nous croyons qu’il existe une vie extraterrestre ». Stéphane est presque hors de lui, énervé et surpris par l’attitude de l’homme qui se tient devant lui. « Que veut-il dire ? Pourquoi ne répond-il pas à mes questions ? » Et pourtant l’interlocuteur le trouble, par sa présence et son calme. Finalement la rencontre s’achève, Stéphane n’aura pas ses réponses. Durant deux années, il met totalement de côté cette information, réagissant comme le ferait la plupart des gens devant un sujet dit « bizarre ».

« Certaines recherches sur les OVNIS sont très bien documentées et les faits sont troublants »

Et pourtant, la curiosité l’emporte. Il se met à collecter des livres sur le sujet « OVNIS » et « Extraterrestres ». Il découvre une grande liste d’auteurs, chercheurs et passionnés « beaucoup de choses sont très mal écrites et inintéressantes et pourtant d’autres recherches sont très bien documentées et les faits troublants ». Il découvre notamment qu’en France, il existe un groupe d’études, le GEIPAN rattaché au CNES – Centre National d’Etudes Spatiales – qui étudie avec sérieux le phénomène OVNIS. Enfin ses recherches lui font croiser la route de John Mack, cet éminent spécialiste de la question des abductions (3), psychiatre, professeur et fondateur du département de psychiatrie à l’Université de Harvard. «J’ai trouvé son approche plutôt intéressante, voire vertigineuse » (2) Stéphane décide de le rencontrer lors d’une conférence aux Etats-Unis. Finalement les deux hommes se lient d’amitié et passent plusieurs jours ensemble à parler du sujet. Puis, par un concours de circonstances, il se retrouve fasse à Karin, victime d’abduction « je ne pouvais plus fuir ou me défiler, j’ai commencé à lui parler. Elle m’a raconté ses expériences et ce qu’elle vivait…». Stéphane comprend alors ce que John Mack a écrit dans son livre : « la plupart des gens qui rapportent de telles expériences ne présente aucune pathologie particulière . Ces individus ne sont pas fous, bien qu’on puisse légitimement penser qu’il s’agisse d’histoires de fous ». Ce livre publié aux États-Unis en 1994 a fait pas mal de bruit, une cabale a été monté contre John Mack au sein d’Harvard mais finalement son travail, sa méthodologie et son sérieux ont été défendus par le doyen et la majorité des professeurs de l’Université.

 « La plupart du temps, les gens restent seuls dans leur coin en se disant que ce doit être quelque chose qui ne va pas avec eux. »

A la suite de cette rencontre, Stéphane réalise qu’il existe d’autres sujets qui sont traités de la même façon, avec un certain désintérêt et catégorisés comme  fantasques. Le problème c’est que les personnes qui vivent des phénomènes ou expériences inexpliquées se retrouvent seules et démunies. Il n’existe pas vraiment de lieux où ces sujets sont traités avec intérêt et crédibilité. « La plupart du temps, les gens restent seuls dans leur coin en se disant que ce doit être quelque chose qui ne va pas avec eux. Ils tombent dans des excès et des dérives sectaires parce qu’ils ont besoin de trouver une explication et un cadre théorique à leur vécu. Comme la science néglige habituellement ces choses-là, ils se tournent alors vers des gens qui leur apporteront des réponses qui ne sont pas nécessairement rigoureuses ou cohérentes. En dernier recours, ils iront voir des professionnels de la santé, des psychiatres et des psychologues car ce type d’expérience peut créer de réels problèmes. Généralement, les gens pathologisent, c’est-à-dire qu’ils essaient de trouver une cause pathologique à leur expérience »2.

Ces faits arrivent à un très grand nombres de personnes, tous les jours et partout dans le monde. Combien sommes nous à connaitre une grand-mère guérisseuse ? Médium ? A avoir vécu une expérience un peu spéciale, dont nous ne parlons que rarement ? Il peut s’agir d’une prémonition, une coïncidence, un phénomène de télépathie, une EMI (expérience de mort imminente), un sentiment de contact avec un défunt, une sortie hors du corps, etc… Que devons nous faire ? Omettre le phénomène en le catégorisant, sans même tenter une explication ? Souvent ces sujets nous mettent mal à l’aise, nous dérangent, nous interpellent. Ils touchent à des choses que nous ne voulons pas questionner, qui nous renvoient à la peur de la folie, de la différence.

Stéphane à pris le contrepied en décidant de ne pas catégoriser ces sujets sans même avoir enquêté. Ainsi en s’appuyant sur un questionnement scientifique rigoureux, il est possible d’entrevoir une explication ou tout au moins de mettre en lumière la situation. Parfois cette explication est impossible, mais les faits observés existent bel et bien. C’est dans cet esprit qu’a été créé l’INREES en 2007 par Stéphane Allix et le Docteur Bernard Castells. Aujourd’hui l’association est devenue un lieu d’échanges entre science et inexpliqué. Entre les expériences empiriques, les connaissances traditionnelles et des disciplines telles que la psychiatrie, la physique quantique, la biologique, l’astrophysique…. De nombreux articles sont publiés chaque semaine et des conférences y sont organisées afin d’offrir au milieu médical et au grand public une base d’informations alternatives et richement documentée sur ces sujets peu connus et d’ouvrir les discussions entre les scientifiques et les témoins de ces incroyables expériences.inrees

Pourtant, tenter d’aller sur un terrain qui est peu étudié et qualifié d’étrange est une vraie prise de risque pour un journaliste. Stéphane connait bien le danger qui guette celui qui veut aller au plus près de la vérité. Lorsqu’il avait vingt ans, cette soif l’a conduit en Afghanistan, à vivre pendant des mois aux côtés de troupes rebelles. Mais cette fois, le risque n’est pas la mort physique, mais bien le discrédit. Et pour un journaliste elle peut être considérée comme une mort lente. Et pourtant, au delà du jugement Stéphane, s’est rendu sur ces terres délaissées par les journaux français : des OVNIS aux phénomènes paranormaux, de la conscience à la mort, pour tenter de redonner du sens, de la matière et de l’intérêt à ces sujets. Le travail est des plus délicat. Il exige de garder les pieds sur terre tout en faisant preuve d’une grande ouverture d’esprit. Il est nécessaire de s’imposer des règles de travail encore plus strictes et rigoureuses qu’à l’accoutumé, pour ne pas perdre le fil. Voici la mission très exigeante mais des plus passionnantes à laquelle l’INREES s’exerce depuis plus de sept ans. Mais où est alors la limite ? Comment se positionner soi-même face à tous ces thèmes ? Comment garder la distance ? Fournir des éléments scientifiques à ce qui ne relève que d’expériences empiriques ? Comment présenter ces personnes qui affirment communiquer avec des défunts ou guérir avec leurs mains ? Insouciance, courage ou imprudence, quelles sont les qualités qu’il faut posséder pour oser parler de tous ces thèmes ? C’est bien ces questions que je souhaite poser à Stephane Allix demain, pour comprendre ce qui l’a entrainé dans ces enquêtes extraordinaires.

(1). Interview réalisée au sein de Institut Métapsychique International – Février 2009 podcastable sur le site de l’INREES www.inrees.com

(2). Interview réalisée en Juillet 2008 © Gilles Bédard en ligne sur www.korprod.com

(3). Enlèvements extraterrestres

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