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Gil Wahlquist : Le parain de la viticulture biologique en Australie

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Par Olivia Sinet

Gil Walhquist

Me voilà enfin en Australie, le pays de mes rêves. La seule chose qui m’importait en arrivant là bas était le surf. Mais très vite mon engagement pour ce projet m’obligea à revoir mes priorités. Il me fallait étudier la situation australienne, fixer des rendez-vous et établir un programme. Mais par où commencer mon enquête ?

Je découvrais très vite via Internet un homme incroyable, Gil Wahlquist. Cet homme de 85 ans est à l’origine du premier mouvement dans la viticulture biologique en Australie. C’est dans les années 70, dans la région viticole de Mudgee, à trois heures au nord de Sydney que Gil a commencé à planter son vignoble. J’ai tout de suite su qu’il fallait que je le rencontre. Quelques jours avant l’interview, je rencontre Bora Saber un étudiant en cinéma qui m’accompagna pour filmer cette première interview. C’est dans un quartier résidentiel de Sydney que j’ai rendez-vous avec lui.

On ne fait pas de vin à Sydney, mais c’est là-bas que vit aujourd’hui Gil, dénommé le «Godfather» de la viticulture biologique et biodynamique dans son pays. C’est dans les années 70, alors que la révolution verte est amorcée et que l’utilisation des produits chimique bas son plein, qu’il refuse ouvertement leur utilisation. Il tient tête au Ministère de l’Agriculture qui lui conseille de pulvériser du DDT* pour se débarrasser d’un problème de chenille dans son vignoble. Mais Gil connaissant les dégâts causés par ce puissant insecticide, alors interdit aux États-Unis, refusa d’y avoir recours. Il décida de ne rien faire et finalement des oiseaux vinrent manger les chenilles. Il découvrit qu’en n’interférant pas, par ajout de produits de synthèse, un équilibre se recréait. La biodiversité limite la possibilité de nuisances. « En prenant le risque de ne pas utiliser de produits chimiques, nous avons perdu quelques récoltes, mais autour de nous ceux qui utilisaient ces produits perdaient aussi des récoltes. Le défi a été de trouver ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas. Nous avons donc avant tout appris à être patients« , explique Gil.

La décision la plus déterminante qu’il prit et qui reste la plus significative fut de faire paraitre au journal local une annonce à l’attention de ces voisins. Il s’engageait à poursuivre en justice pour dommages et intérêts toute personne à l’origine de traces de pesticides ou d’herbicides retrouvées dans ces cultures à hauteur  de 2000 $ par hectare pollué. A l’époque il attira la colère de ses voisins. Mais ils sont nombreux aujourd’hui à le remercier d’avoir pris une telle initiative car en arrêtant de pulvériser des produits ils ont compris que le problème pouvait se résoudre de lui-même  et ils ont économisé beaucoup d’argent  » affirme Gil.  Après 30 ans d’engagement, Le Ministère de l’agriculture australienne, vient de le remercier officiellement pour son travail et sa contribution dans le domaine. Je tiens à renouvellé mon admiration et mes remerciements à cet homme qui nous a quitté entre la réalisation de mon voyage et cet article.

*Rachel Carson « Silent Spring » décrit les dangers du DDT dans les années 60 et a contribué à son interdiction dans les années 1970.

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